Lundi 31 décembre 2007
1
31
/12
/2007
15:17
Comme vous le savez déjà , à partir du 1er janvier (voire du 2), les lieux publics deviendront non-fumeur. Attention à la métonymie
confusément usuelle, n’allez pas comprendre que ces lieux arrêteront leur cheminée ou leur chauffage, non, il s’agit des personnes physiques nicotino-dépendantes qui se verront refuser l’accès Ã
leur drogue favorite dans ces établissements.
Distinguons tout d’abord les lieux publics des lieux privés dont la différence risque de faire l’objet d’interprétation à l’avenir car un fumeur en manque prouvera son ingéniosité par le
truchement d’un système D hypocrite afin de satisfaire son appétence d’ogre boulimique au tabac.
Légitimement, nous devons nous attendre à l’accroissement du nombre de lieux privés comme bénéfice à l’effet pervers d’une transgression entendue.
Par exemple, certains tenanciers privatiseront leur bistrot en une fermeture éclair vers 20 heures, réservant ainsi à ses habitués les concours de volutes ténébreuses.
Mais surtout l’année 2008 sera celle de l’expansion anarchique des terrasses bâchées, chauffées, sorte de nouveau paradigme visuel des trottoirs français.
Le fumeur ne se rendra pas, en bon Gaulois qu’il est, il envahira les rues, les zones piétonnes et rejettera ses déjections tabagiques sur le macadam.
Comme a dit le Saint Patron des fumeurs, Saint Drier :
« le goudron retournera au goudron ! »
Considérons donc ce moment comme béni pour les placements financiers car il est largement temps d’investir en acquérant les actions des principaux fournisseurs de gaz ; dépêchons-nous puisque
les grandes marques de cigarettes vont faire de même, ce qui nous permettra d’être chauffé en terrasse par Marlboro ou encore Philip Morris, qui y trouverons en l’occurrence de nouvelles sources de
profit.
L’extinction des feux à l’intérieur produira leur allumage à l’extérieur…
Pour les particuliers demeure la solution pérenne et irréductible de la tente individuelle mobile, sorte de capote large avec armature conçue pour se mouvoir en privé dans les
établissements publics. Ainsi le fumeur, au sein de sa propriété nomade entoilée pourra exercer son art funeste sereinement sans nuire à l’entourage interloqué par tant d’intelligence.
Un extracteur de fumée constituera une option opportune de bon aloi pour la contrecarrer.
Précisons que les conversations seront permises à travers l’hygiaphone prévu à cet effet.
N’hésitons pas à le dire, c’est le système D parfait pour le fumeur que l’on peut dorénavant acheter sur le site « jerestecon.com ».
Quant au fumeur impénitent et contrevenant pris en flagrant délit, il sera taxé de meurtrier en puissance et perdra trois points sur son permis de conduire.
Dura lex sed lex !
Le succès prévisible d’une telle législation chérissant nostalgiquement la prohibition annonce probablement l’interdiction future de l’alcoolisation dans les lieux publics sauf
peut-être, pour les carreaux sales.
Les gens boiront dehors dans des zones réservées en terrasse toujours, nommées zones bleues afin de respecter la répression contre l’ivresse sur voie publique.
En cas de consommation d’éthanol mondain en ces endroits, leur seront remis des disques affichant leur durée d’alcoolisation dans une fourchette légale.
Des cafés branchés ont déjà anticipés le phénomène en s’octroyant le nom peu convenu de « Disque Bleu ».
Alors bien sur, tout ceci n’est qu’une fiction ; ma plume reste au service du rêve et quand la loi se fait muse, je ne puis l’empêcher de délivrer son pessimisme joyeux…
Par cebeji
-
Publié dans : chronique humoristique
-
0
-
Partager
Derniers Commentaires